Brainstorming

Le nuage de mots obtenu avec les réponses des élèves de l’Ecole (j’ai corrigé les fautes de frappe).

A propos E. Sanchez

Maître de conférence à l'Institut Français de l'Education (Ecole Normale Supérieure de Lyon) Directeur d'EducTice Professeur associé à l'Université de Sherbrooke, QC, Canada Enseignement, TIC, jeux sérieux
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3 commentaires pour Brainstorming

  1. Mascarille dit :

    J’avais plusieurs questions qui me trottaient dans la tête après la conférence et je suis heureux de voir que le blog est actif. La séance de questions a été un peu courte la dernière fois (alors que c’était peut-être la conférence la plus intéressante et celle qui posait le plus de questions des quatre qui nous étaient « imposées », pour recontextualiser un peu le climat de ces deux jours…)

    Dans l’ordre (ou peut-être le désordre) :

    1/ Reposer la question de l’économique et du social là-dedans : en effet, smartphone, facebook, twitter, wiki and co, cela nécessite des ressources économiques et culturelles qui ne sont tout de même pas partagées par tous. Ce serait d’ailleurs je pense une erreur que de parler de génération numérique (mais il ne me semble pas que vous ayez eu une telle formule) sans prendre en compte ces questions. Pouvez-vous préciser votre pensée sur ce point ?

    2/ Est-ce que l’un des principaux effets (risques ?) du numérique n’est pas, en facilitant la communication, de niveler totalement toute hiérarchie, voire même (gros mot) toute autorité établies entre professeur et élève dans le cadre d’une relation d’apprentissage qui doit nécessairement en passer un peu par là ? J’ai été assez époustouflé (et amusé aussi), par ce que je pouvais lire sur tweeter pendant la conférence, et par la manière dont les étudiants que nous sommes osions commenter, ironiser voire « vanner » les propos d’un professeur qui n’est pas le nôtre, et avec lequel nous n’aurions jamais osé communiquer de la sorte in vivo. Comment gérer ce danger-là ?

    3/ N’est ce pas un danger d’intégrer des outils qui ont fondamentalement à voir avec la vie privée (Facebook, tweeter) dans la sphère publique, au risque d’un mélange des genres peut-être dangereux ? (Cf. votre histoire avec Babar, mais cf. aussi de nombreux exemples de relations prof/élèves pourries par les réseaux sociaux)

    Je vous remercie par ailleurs de cette conférence (pas facile dans les conditions qui étaient imposées aux agrégatifs), qui était plus stimulante que ce que certains ont pu dire un peu vite !

  2. E. Sanchez dit :

    Chouette, un commentaire avec des éléments positifs et des questions de fond !

    Je n’ai pas toutes les réponses à vos questions. Juste des éléments de réponse qui j’espère nourriront votre réflexion qui me semble au coeur des problèmes que rencontrent les enseignants aujourd’hui. Et oui, le blog est actif ! (57 commentaires et près de 300 à 500 visites quotidiennes) et j’en suis très heureux car vous pouvez ainsi bénéficier de la réflexion de différentes personnes comme François Jourde ou Caroline Jouneau-Sion qui sont des enseignants de terrain mais aussi des autres élèves de l’Ecole ou des personnes qui viendront visiter ce blog. De toute manière, il me sera tout à fait impossible de continuer à investir autant de temps pour échanger avec vous et je serai au Québec dès mercredi avec des journées très chargées.
    1- Sur la question de l’économique et du social
    La question de la fracture numérique est maintenant ancienne mais toujours d’actualité et je partage vos inquiétudes sur ce point. François Jourde a posé un lien sur ce blog. Il pointe sur un article qui souligne les investissements que font les familles pour s’équiper.

    Je crois cependant qu’on pourrait résoudre ce problème en demandant au élèves/étudiants d’apporter leur matériel personnel tout en mettant en place des programmes permettant de lutter contre les inégalités sociales (des bourses pour s’équiper par exemple). Mais vous pointez un point important. Si on n’y prend garde l’usage du numérique en classe peut renforcer la fracture. J’ai souvent été frappé de constater que dans un binôme d’élèves c’est celui qui a la meilleure maîtrise de l’ordinateur qui prend les commandes.
    Pour la génération numérique je vous rejoins également et je vous conseille la lecture d’un billet de blog de Jean-François Cerisier qui fait une critique vraiment pertinente de l’expression « digital natives » (http://blogs.univ-poitiers.fr/jf-cerisier/2012/04/22/quand-marc-prensky-enterre-trop-vite-les-digital-natives/)
    2- Sur la question du « nivellement des hiérarchies »
    L’école n’est pas la seule à se trouver confrontée à la question de l’incompatibilité des modèles organisationnels. C’est vrai aussi pour les entreprises qui réfléchissent à comment fonctionner dans un monde où les structures hiérarchiques sont mises à mal par les réseaux sociaux. Je vous renvoie à la réflexion de Ziryeb Marouf (@Ziryeb) menée dans le cadre des réseaux sociaux d’entreprises (http://www.esnbp.fr/) et plus particulièrement pour la société Orange. La question de comment passer d’un management pyramidal au leadership pourrait être transposée à l’école. Ceci dit, de nombreux systèmes éducatifs dans le monde savent mettre en place des modalités permettant la collaboration et le partage d’expérience. Le notre n’est pas (encore) en pointe dans ce domaine
    Les vannes qui m’étaient adressées pendant la conférence témoignent selon moi de deux choses :
    – vanner un prof ou un conférencier ce n’est pas nouveau mais évidemment cela prend un peu plus d’ampleur quant ces vannes ne sont pas limitées au petit cercle des afficionados de la machine à café (je me souviens d’une anecdote au sujet d’une conférencière connue qui a quitté l’estrade en larmes à cause de propos injurieux sur Twitter mais je n’arrive pas à mettre la main dessus) ;
    – peut être que certaines personnes ont du mal à mesurer l’effet amplificateur de leurs propos que permettent les réseaux sociaux.
    Comment pallier ce problème ? Peut être qu’une bonne éducation aux usages du numérique serait utile pour certains😉.
    3- Je crois que mon histoire avec Babar a eu un heureux dénouement. Babar a appris des choses sur droit & Internet et, d’une certaine manière, cela légitime mon approche en tant qu’éducateur. Je crois que votre inquiétude sur ce point est tout à fait légitime. Selon moi c’est en travaillant avec des élèves sur ce qui peut être acceptable ou ce qui ne l’est pas qu’on peut éviter d’être confronté à de telles situations. De ce point de vue j’aime beaucoup l’appoche de Jean-Roch Masson (@jyaire) qui, en utilisant Twitter avec ses élèves de CP, les amène à prendre conscience de ce qui est acceptable et qui ne l’est pas.

  3. morgan2222 dit :

    Bonjour,
    Invoquer le manque d’éducation aux bons usages du numérique pour répondre au problème de savoir pourquoi certains se permettent plus qu’ils n’oseraient en face d’une vraie personne, relève, me semble-t-il, de l’argument cyclique et tend à éluder le vrai problème : quels sont les bons usages du numérique ?
    Ils peuvent paraître implicites, extension naturelle des bonnes moeurs courantes. Cependant, ces derniers ne sont-ils pas le fruit d’une longue pratique de l’espace social par nos aïeux, et que l’on hérite de nos parents ? Or, internet semble caractérisé par la jeunesse de son histoire, et par une spécificité bien originale qui rompt avec les coutumes du passé — je m’en réfère au texte de Michel Serres. Comment donc pourrions-nous connaître la norme de cet univers numérique, puisque nous y mettons le pied avant nos parents, et que nous n’avons pas fini de fouler cette terre ?
    D’autre part, les créations des communautés auxquelles nous assistons — je veux parler d’Anonymous qui revendique un militantisme pour une liberté radicale, ou Wikipédia qui est la manifestation d’une volonté d’un partage libre et gratuit du savoir —, ou encore, les habitus qui se développent sur la toile — le troll, le copyleft, les grammar nazis —, ne sont-ils pas les témoins d’un maturissement des comportements sur la toile ; des postures, des attitudes qui répondent aux défis posés par un questionnement sur la nature du monde numérique ?
    Je voudrais rebondir sur la question de droit qu’a soulevée l' »épisode Babar ». Le droit à l’image aussitôt critiqué, paraissant inepte à cet — il me semble — usager habitué des réseaux sociaux rappelle les polémiques suscitées par la création tardive des lois loppsi. En effet, même la loi a du mal à légiférer internet ! Est-ce à cause de sa nature transnationale que seul le commerce, acteur mondial, tente d’y imprimer sa contrainte ? Je crois que le plus significatif ici est de relever que les agents sociaux habituels peinent à agir sur le monde numérique, à être compatibles en quelque sorte, et que cet univers se construit selon une dynamique qui lui est bien propre.
    Au final, je pourrais formuler mes interrogations en la question suivante : Y a-t-il identité entre la relation à autrui dans le monde réel, et celle dans le monde numérique sachant que ni l’espace, ni le temps, ni le discours de semblent l’être ?

    Cordialement,

    Morgan Lacaze

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